fusils", a-t-il dit à
la radio australienne. A Suva, la capitale, des soldats
ont encerclé le Parlement, qui a été
dissous, et interrompu au Sénat une séance
où était débattue une motion condamnant
le putsch.
L'auteur du coup d'Etat, le contre-amiral Frank Bainimarama,
a prévenu que l'armée réprimerait tout
soulèvement de la population.
"Nous avons des motifs raisonnables pour penser que
la survie de l'Etat est menacée", a-t-il déclaré
après avoir décrété l'état
d'urgence.
"Si l'on devait nous contraindre à utiliser
la force, permettez-moi de dire que nous le ferions très
rapidement. L'armée réprimera très
rapidement tout soulèvement contre nous", a-t-il
ajouté.
ARRESTATIONS
Malgré la condamnation internationale et intérieure
de ce coup de force, l'armée a notamment arrêté
le président du parlement, le chef de la police et
d'autres responsables soupçonnés d'être
hostiles aux putschistes. Ces opposants ont été
rassemblés dans des casernes à Suva.
Bainimarama a annoncé que la nomination d'un gouvernement
de transition avait été repoussée car
le Grand Conseil des chefs coutumiers, qui nomme le président,
avait annulé sa réunion prévue la semaine
prochaine, sur fond d'opposition croissante au putsch.
Nommé mardi Premier ministre par intérim,
Jona Baravilala Senilagakali, un médecin militaire
sans expérience politique, a prêté serment
au quartier général de l'armée.
"Je travaille pour l'armée. Je suis obligé
de faire ce que m'ordonnent mes supérieurs",
a-t-il dit aux journalistes.
Il n'a pas fixé de calendrier pour l'organisation
de nouvelles élections.
Un communiqué du ministère de l'Information
annonce l'entrée en vigueur d'un état d'urgence
permettant l'édification de barrages autour de la
capitale, l'instauration de couvre-feux et le rappel de
réservistes "pour tourner le pays vers la bonne
gouvernance, pour nous débarrasser de la corruption
et des mauvaises habitudes".
Qarase a invité les Fidjiens à s'élever
contre ce coup d'Etat, le quatrième depuis 1987 sur
cet archipel du Pacifique-Sud, et il a dit s'attendre à
des manifestations pacifiques.
L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont aussi appelé
la population à empêcher ce coup de force.